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Avant hier, deux films m’avaient donné ce sentiment étrange d’avoir regardé une oeuvre bouleversante et fondamentalement différente : Irréversible, de Gaspard Noé, et Mulholland Drive, de David Lynch. Et puis, en ce dimanche 18 décembre 2005, j’ai vu Revolver. J’avais bien apprécié Snatch, du même réalisateur, je veux dire Guy Ritchie. Un film simple mais plutôt bien fait, avec un Brad Pitt excellent, comme souvent. Alors autant dire que je m’attendais à quelque chose d’à peu près équivalent avec Revolver : un petit film d’arnaques, du genre qui passe le temps. Certes, j’avais lu les critiques, tout sauf dithyrambiques. Certes, la note sur imdb.com, moins de cinq sur dix, annonçait tout sauf un bon film. Et pourtant, j’avais ce doux pressentiment que quelque chose allait se passer, qu’il fallait que je le regarde malgré tout, contre tous… Décision judicieuse, au final.
Revolver est un film fabuleux. Une des plus grandes supercheries cinématographiques de notre temps, mais aussi l’une des réalisations majeures du grand écran. Délicieusement absurde, honteusement maîtrisé sous couvert d’un jeunisme trompeur. Un film qui renvoie Fight Club ou Usual Suspect, pour ne citer qu’eux, au rang de petits téléfilms sans envergure, c’est rare. Et c’est bon. Je ne ferai pas l’insulte à mes lecteurs de faire une analyse bâclée de ce film. Si j’en fais une, ça sera lorsque j’aurai plus de temps, de recul, et le DVD, aussi… D’ailleurs, je me demande même si une critique est faisable sur ce film. Là, j’ai encore ce nœud au ventre, ces picotements dans le corps, cette sensation incroyable d’avoir vu quelque chose d’unique et d’inexplicable. Comme lorsqu’on tombe amoureux pour la première fois, comme lorsqu’on dévoile quelque chose caché au plus profond de son âme. Revolver m’a tiré une balle en plein cœur. Merci Guy Ritchie.