L’exposé d’un triste constat. Décidemment, le monde est bien trop irrationnel, et le comportement de certains tellement paradoxal dans une société dite civilisée…
CRS-SS, étudiants-diantsdiants
Si vous suivez un peu l’actualité bretonne, et rennaise en particulier, vous aurez certainement entendu parler des fréquentes rixes entre jeunes éméchés et forces de l’ordre lors des soirées étudiantes (le jeudi, donc). Bon, il faut bien l’admettre, être accueilli à la sortie des bars par des cordons de CRS, ça peut surprendre. On peut le contester, aussi : se déroule-t-il quelque guerre qui expliquerait ce couvre-feu autoritaire ? Ca, c’est la réaction à chaud. Avec trois grammes dans le sang et une « binouze » à la main… Gauche s’entend, le poing droit étant rageusement levé vers le ciel.
Mais posons-nous les bonnes questions :
- Est-ce constructif de se prendre une cuite tous les jeudi soirs ?
Non, c’est même malsain si vous voulez mon avis.
- N’est-il pas normal de considérer le boucan estudiantin comme du tapage nocturne ?
Si, c’est bien légitime : les limites du supportable sont largement dépassées.
- Chanter l’Internationale à tue-tête, à 3 heures du matin, est-ce encore de l’engagement ?
Je ne crois pas, et en plus, bonjour la cacophonie.
- Tenir tête aux CRS, et se plaindre ensuite qu’ils réagissent, est-ce être militant ?
Evidemment non, ce serait plutôt de l’inconséquence.
La sanction est immédiate : ces étudiants-là ne méritent que le mépris, et les lacrymo’ qui vont avec. Franchement, les gars, les filles, regardez-vous. Vous vous trouvez malins, peut-être ? Mais laissez-moi rire ! Pourrir la vie des riverains, ce n’est définitivement pas être militant. Et je ne parle pas seulement de pollution sonore...
Bienvenue à la décharge
On trouve de tout le vendredi matin dans le centre de Rennes : bouteilles, canettes, papiers gras, kebab pas finis, flaques d’urine, paquets de clopes, vomis aux couleurs de l’arc-en-ciel,… J’arrête là, la liste étant des plus longues. Respecter son environnement proche, c’est la moindre des choses et c’est bien plus facile à faire que de changer le monde. Mais bon, c’est sûr, vous vous sentez fiers et engagés, vous menez le bon combat contre cette société qui, c’est un scandale !, ne vous laisse pas continuer « tranquillement » la soirée. On n’a même plus le droit de déambuler dans les rues tout en hurlant des choses incompréhensibles pour les non-initiés au langage de l’homme saoulé : quelle cruelle violation des droits de l’homme ! Et ne parlons pas de ces pauvres dealers de la place Sainte-Anne, persécutés par les gendarmes : c’est la mort du petit commerce, je vous le dis !
Jeunes et cons ?
J’aime faire la fête. Il m’arrive de boire plus que de raison, comme tout le monde oserais-je ajouter. J’ai même fait de sacrées conneries. Cependant, je ne peux cautionner l’attitude de certains qui soi-disant prêchent la bonne parole (grosso modo : « Policiers, enculés ! Vive la fête, bourrés et solidaires ! »). Franchement, vous êtes dans le faux, les mecs. Primo, être saoul à lier, ça n’est pas « cool », il n’y a pas de quoi en être fier. Ensuite, cela ne doit pas être défendu comme un acte politique : il ne faut pas faire valoir un pseudo droit éthylique à emmerder le monde ! Vous devriez pourtant vous estimer heureux… L’ivresse sur la voie publique est interdite : si la Police était un tant soit peu zélée, il faudrait des dizaines de cars et une cellule de dégrisement grande comme le Stade de France… Alors, profitons de cette liberté incroyable qui est la notre, mais surtout, n’en abusons pas sous couvert de fausses justifications. La citation est célèbre : la liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres.
Epilogue
On me disait : « Tu verras, Rennes c’est une ville de gauche ». Peut-être, ça ne me dérange pas, je ne suis pas sectaire. Par contre, que ce soit une ville remplie d’étudiants irresponsables et abrutis, ça… Conclusion ? Une société de saoulards, qu’ils soient de gauche, de droite, voire apolitiques, n’est pas souhaitable, vraiment.