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Actualité

Jeudi 17 mars 2005

Pour ce premier article, j'avais envie de donner mon sentiment sur cette grande supercherie qu'est le mouvement lycéen contre la loi Fillon.



Ainsi, 99% des participants ne savent même pas pourquoi ils sont là (ou alors ont une vision tellement caricaturale du problème que c'en est risible), et le 1% restant, les organisateurs, ne sont que des imbéciles qui pensent que le but de tout lycéen est de faire tomber un ministre de l'éducation. Les revendications sont idéalistes au possible, voire pire, surréalistes... L'Etat représente une pompe à fric, avec des pourris au pouvoir qui ne pensent qu'à eux et aux entreprises... Ces clichés sont d'autant plus énervants qu'ils ne sont pas justifiés.


Je ne vais pas revenir sur la loi elle-même car là n'est pas mon but. C'est avant tout le comportement des lycéens-grévistes qui me dégoute. Lorsqu'ils veulent critiquer un point de la loi, ils n'en prennent qu'une partie minime, et occultent le reste, pour mieux faire passer le message. On n'est pas loin de la propagande. Ils pensent certainement que "la fin justifie les moyens", mais ne connaissent pas la suite de la citation, et c'est bien dommage...



On a aussi droit aux commentaires primaires du style "Ouais, on va virer Fillon comme les autres" et autres "La Droite veut détruire l'école" : peut-être faudrait-il arrêter ces discours stériles, et vraiment lire le projet de loi, ou même écouter le ministre au lieu de beugler comme des pseudo-révolutionnaires. D'une part, ce ne sont pas les grèves à répétition qui améliorent le niveau des élèves. D'autre part, les meilleurs élèves ne manifestent généralement pas (peut-être parce qu'ils ont une once d'esprit critique ?). De là à dire que beaucoup ne font grève que pour rater les cours, il n'y a qu'un pas, que je m'empresse de franchir !


Bref, je voulais juste faire ce gros coup de gueule, et demander aux éventuels lycéens qui liront cet avis de faire passer le mot : ces grèves, ces slogans racoleurs ne font que cacher le vide intégral de vos revendications. Essayez pour une fois de travailler AVEC le gouvernement, pas contre lui. Essayez d'être constructifs. Vous verrez, ça change tout.


Par Axel
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Vendredi 1 avril 2005


Hier soir, sur France 2, on a pû apprécier une fois encore le talent oratoire de Nicolas Sarkozy. A l'aise sur tous les sujets, mais surtout, très clair, il a répondu à de nombreuses questions que je me posais sur l'Europe et sur la politique de l'UMP. C'était, franchement, impressionant. Les questions du public, notamment, représentèrent un exercice de style, Sarkozy répondant en 2 minutes et maitrisant les dossiers sur le bout des doigts (et on l'excuse pour son ignorance des catégories de bourse... Il n'est pas le seul à n'y rien connaître !). Que ce soit sur les sujets sociaux, économiques, d'éducation, Sarkozy était bien présent. Ca fait plaisir de voir un homme politique aussi franc, aussi déterminé... Et qui dit les choses comme elles sont : La France est le pays de l'immobilisme, immobilisme qui nous gache une partie de notre potentiel. Le patron de l'UMP est favorable aux valeurs qui font notre République, et qui sont de plus en plus oubliées : il croit "au travail, au mérite, à l'effort, à l'énergie" mais "pas à la fatalité", fatalité que l'assistanat social français ne fait qu'affirmer dans l'esprit de notre nation.



Son débat contre Henri Emmanuelli fut des plus épiques. Le socialiste, aigri et haineux, a étalé en direct son manque d'arguments pour le "non" au référendum sur la constitution. Sarkozy n'a fait qu'une bouchée de ce petit contradicteur, qui se prend pour plus qu'il n'est en réalité. Mais là où il a vraiment gagné, c'est sur son attitude. Alors que le socialiste parlait pendant les interventions de chef de l'UMP, ce dernier respectait l'arrogant interlocuteur. Là où le socialiste multipliait les remarques concernant la troisième intervention (pourtant largement justifiée) de Sarkozy dans l'émission, lui ne faisait que sourire, et avait même le dernier mot, lorsqu'il expliquait à "Henri" qu'il aurait bien aimé l'avoir comme contradicteur dans les précédentes émissions, vu la nullité absolue de ses arguments... Le combat était inégal, de toutes façons : entre un as de la politique contemporaine, maitre de la réthorique politique, et un "has been" qui veut se faire remarquer, la conclusion était écrite d'avance...



Malheureusement, ce qui fait la une des journaux ce matin, ce n'est pas l'attitude convaincante de Nicolas Sarkozy, mais bien les quelques réponses qu'il a faites aux questions concernant la présidentielle de 2007. Les journalistes sont parfois tellement bêtes... Qu'a-t-il dit, au final ? Et bien qu'un candidat UMP pouvait très bien s'opposer à Chirac si ce dernier se représentait en 2007. Fou. Qu'il pensait que deux mandats présidentiels étaient suffisant, mais que si jamais cette mesure s'appliquait, n'étant pas rétroactive, Chirac ne serait pas visé... Trop fou. Et J-L Debré qui se plaint ce matin de l'attitude de Sarkozy hier est des plus pitoyables, c'est fort dommage pour un des grands pontes de l'UMP. Bravo pour la cohésion du parti. Mais on n'a pas fini de rire, les réactions socialistes promettent d'être tout aussi drôles...Comme si ils n'avaient pas assez à s'occuper de leurs fesses !



Enfin... La jalousie peut se comprendre... Quand on voit leur interview commune dans Paris-Match, on se dit que le chef du PS est bien peu convaincant. Pire, on ne le prend pas au sérieux... Entre un flanc inactif et une boule de nerf hypermotivée, mon choix est vite fait en tous cas. Mais passons... En tous cas, une nouvelle fois "chapeau" à Nicolas Sarkozy pour l'émission d'hier soir. Un grand bravo aussi à Alain Duhamel, qui a posé de bonnes questions et qui avait fait une bonne analyse des propos précédents son intervention... Et surtout n'oubliez pas, il faut voter oui au référendum. Ceux qui pensent pénaliser le gouvernement en votant non se trompent lourdement... D'ailleurs, pour élargir le sujet, ceux qui pensent que le gouvernement ne fait pas du bon travail se trompent aussi... Il faut essayer de comprendre qu'avant une progression, il y a toujours des sacrifices... "Il faut souffrir, pour être beau", dit-on. Ca s'applique aussi à notre pays. On ne peut pas prendre, prendre, prendre, et faire toujours moins. Croire qu'il est possible de baisser le nombre d'heures de travail et d'augmenter le salaire en parallèle, c'est être irréaliste. A bon entendeur, salut !

Par Axel
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Jeudi 30 juin 2005

L'actualité des semaines passées est la preuve terrible que le NON était une erreur. Le premier ministre britannique Tony Blair va bientôt être la tête de l'Europe, qui, je vous le rappelle, n'a que son économie (et sa défense, si on veut...) pour la définir. Et mister Blair, au vu de ses dernières prestations, est bien décidé à modifier les règles établies. La France du NON ressemble à un roquet, et le président Chirac ne peut qu'essayer de défendre l'indéfendable, pour essayer d'obtenir un semblant de soutien de la population. Je parle de la PAC bien sûr.


Tony Blair, sommet européen du 23 Juin


Je ne vais pas m'étendre, mais en bref, l'agriculture française est en faillite. Il faut la réformer. Il va y avoir des morts. Et plus ça sera retenu artificiellement par la PAC, plus ça fera mal à la fin. C'est une évidence même. Nous autres sommes les rois des immobilistes. Nous voulons rester une Terre d'agriculture. Ce que nous ne sommes plus. Nous surproduisons. Nous ne sommes plus les meilleurs, dans beaucoup de domaines (qui a dit la viticulture ? Grand blasphème tellement vrai !). Nous allons dans le gouffre. Et si vous rajoutez à ça une population qui ne pense qu'à bosser le moins possible pour gagner le plus possible, sans avoir une once de recul, alors vous obtenez un des peuples les moins actif du monde !

 

La PAC n'est qu'un cache-misère


Qui a dit "assistanat" ? Certains ne comprendront jamais qu'un papillon, pour sortir de son cocon, doit en forcer l'ouverture, développant ainsi ses muscles et lui permettant l'envol initial ! Mais si l'homme, dans sa grande et innocente bonté, écarte un peu l'ouverture avec un couteau pour aider le papillon ? Ce dernier n'est alors pas assez fort quand il en sort, et meurt. La métaphore est parlante...

 

Ce modèle social dont nous sommes si "fiers" est une catastrophe tant l'égoïsme de la population est effarant. Des droits, des droits, toujours des droits, garder des droits, défendre des droits. Mais des devoirs ? Ah non, ça. Manifestons ! Allez, une petite grève préventive, des fois que... Saucisses merguez, Bové et sa pipe, et nous voilà à défendre tout et n'importe quoi à qui mieux mieux. Ca ne fait rien avancer, ça non. L'enfant trop gâté, quand les cadeaux s'arrêtent, il est insupportable, arrogant, mauvais. Il ne réfléchit pas. Il ne pense qu'à son petit bonheur, qu'à ses petites allocations, qu'à ses 35h qui font bien rire tous les autres pays du monde, soit dit en passant... Maintenant ils savent pourquoi on est toujours à la traîne !... Et puis le beauf gréviste de base pense aussi et surtout, ça c'est important, plus que la clim' pour les vieux qui crèvent, oui, il pense, donc... A SON PUTAIN DE LUNDI DE PENTECOTE ! ! ! La bêtise française est sans fond.


La France socialiste : une France fainéante

 

Hum, je m'emporte, mais il faut bien admettre que l'égoïsme dont je parlais plus haut est une caractéristique intégrante d'une (triste) majorité de français... Les défenseurs du NON se disant "européens" (ump, socialistes, ce gland de Besancenot et compagnie) ont fait une campagne de propagande, mensongère. Les souverainistes je n'en parle même pas, les frontistes... Tous ont joué sur les mots et ont renié des évidences, en détournant la constitution : c'est tellement simple de manipuler la masse en lui racontant des âneries sur les délocalisations et consort !

 

De tout ce que j'ai lu, rien n'avait de valeur. Des foutaises, des attaques foireuses... Et les tenants du OUI, perdus face à cette hallucinante déformation de la réalité, n'ont pas su se sortir de l'argument d'autorité certes justifié mais maladroit, "OUI ou crève", malgré toutes les bonnes intentions et les explications (à ce sujet, le meilleur était encore Nicolas Sarkozy, et ca n'est pas de la "pommade"). C'est dommage. Il faut dire que, toute ironie mise à part (si peu ! ;-) ), les Communistes-LCR-LO ont un des plus glorieux modèles dans la manipulation des médias et des foules... Et dire qu'aujourd'hui, on trouve encore des imbéciles pour voter communistes ou extrême gauche (LCR et compagnie) : vous ne valez pas mieux que celui qui vote pour l'extrême droite ! Ouvrez les yeux, bon sang !

 
=

Nous sommes capables du meilleur. Ce qu'il nous manque, c'est de la bonne volonté et de la patience. Il faut arrêter de défendre des idéaux intenables, et essayer d'améliorer le système en place. Une constitution, c'est toujours amendable. Il faut juste arriver au pouvoir. Sachant cela impossible, certains préfèrent déverser leur haine sur une autorité qu'ils ne représenteront de toutes façons jamais. C'est dommageable, pour tous.

 

Le NON a gagné malgré son absurdité. Ses partisans vont s'en mordre les doigts. Ce que j'espère, c'est que peut être la situation sera forcée d'évoluer avec les changements que risque de subir le budget européen... Le plus tôt sera le mieux. J'aime mon pays, et je sais qu'il a ce qu'il faut. Il n'a plus qu'à se réveiller.

Par Axel
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Vendredi 1 juillet 2005
C'est grâce au blog d'un de mes visiteurs, Stéphane, libéral citoyen des plus sympathiques, que j'ai découvert le Manifeste de l'Institut Hayek : groupe de réflexion, "think tank", cet institut se propose de défendre le libéralisme, souvent mal compris et mis à mal par des personnes de mauvaise foi. Je me permet, ici, de citer l'intégrale du manifeste, qui mérite vraiment d'être diffusé. Les idées reçues répandues par la gauche et les extrêmes, voir même par les partis politiques français (et de tous les pays) en général, en prennent pour leur grade, dans un texte cohérent et bien écrit. Mais arrêtons le blabla, et passons directement au vif du sujet. C'est certes long, mais ça en vaut vraiment la peine :


Manifeste de l'Institut Hayek

Bruxelles, le 27 août 2003

Pourquoi en Europe les libéraux se sentent-ils toujours tenus de justifier leurs convictions ? Pourquoi n’osent-ils se déclarer tels que devant des intimes et avec force circonlocutions et nuances ? Il y a là quelque chose d’assez absurde. On adresse au libéralisme une série de reproches totalement infondés alors que les sympathisants de mouvements de gauche n’éprouvent jamais le moindre remords à se revendiquer d’idées et de valeurs qui ont activement contribué à la ruine et à la désolation de larges parties du monde au cours du siècle dernier.

Plusieurs mouvements anti-mondialistes ou alter-mondialistes font à peine mystère des motivations misonéistes, anti-humanistes voire anti-démocratiques qui les animent. Pourquoi jouissent-ils d’un tel capital de sympathie ?

Une première explication tient au fait que, contrairement à ces doctrines, le libéralisme ne promet pas la rédemption de l’humanité et la félicité absolue. Ce n’est pas une utopie exaltante qui prend l’homme par la main pour le conduire à la terre promise. Non, le libéralisme est une théorie responsabilisante basée sur une idée simple : la confiance en l’homme. Elle respecte trop ce dernier que pour lui indiquer des buts à suivre. Elle préfère mettre ce dernier face à lui-même plutôt que de lui désigner des coupables à ses infortunes.

Deuxièmement, le libéralisme en Europe n’est pas très militant alors même que les mouvements de gauche sont animés par des individus vibrionnants qui jouissent dans les médias d’une audience formidable. Résultat ? L’espace des revendications et l’avant-scène des débats intellectuels sont toujours confisqués par des personnalités hostiles au capitalisme. Cela se traduit dans les populations par la diffusion massive d’idées au mieux invérifiées et invérifiables (quand il s’agit du climat ou du nucléaire) au pire involontairement ou sciemment fausses (quand il s’agit des "méfaits" du commerce international).

Mais l’une des causes les plus importantes des faux procès intentés au libéralisme tient au fait que cette doctrine est, aussi surprenant que cela puisse paraître, extrêmement méconnue, à commencer par les libéraux eux-mêmes (y compris les membres des partis qui se revendiquent du libéralisme), ce qui a pour effet de fragiliser considérablement la force argumentative des discours des responsables politiques. Beaucoup n’appréhendent le contenu des valeurs libérales qu’au travers des représentations désobligeantes de la rhétorique des adversaires de la liberté. Notons que cette dernière est d’une efficacité redoutable. On peut juger de son succès lorsqu’on réalise que, pour la grande majorité des Européens, le libéralisme se réduit à ce qu’en énonce la vulgate (la main invisible, la loi du plus fort, l’impitoyable concurrence, la performance à tout prix, etc.).

Le libéralisme cohérent est toujours présenté comme une sorte d’extrémisme, une position intransigeante voire inhumaine. Il sera qualifié d’"ultra" alors que personne n’aurait l’idée saugrenue de parler " d’"ultrasocialisme". Les libéraux honteux, dans leur volonté de paraître mesurés, nuancés, modérés, intelligents, se définissent certes comme des libéraux en matière économique mais - s’empressent-ils de préciser - "sociaux" ou progressistes dans les autres domaines. Le concept de "libéralisme social " est une absurdité sans nom. Dans cette optique, le libéralisme n’est plus considéré comme une doctrine auto-suffisante. Elle doit toujours être bâtardisée, mâtinée de préoccupations sociales comme si le libéralisme n’avait que mépris pour les faibles. Il est considéré au mieux comme amoral et au pire comme immoral. Toujours dans cette vison des choses, il importe de tempérer le "capitalisme sauvage" par des mesures protectrices.

En réalité, la notion de "capitalisme sauvage" est une contradiction dans les termes. Le capitalisme ne peut exister sans des règles qui l’encadrent et lui permettent de se développer. La "main invisible", le célèbre concept d’Adam Smith, tant moqué par une multitude d’intellectuels qui n’ont jamais lu une ligne de cet auteur, présuppose toute une armature normative et institutionnelle pour exercer son action bénéfique, armature qui est elle-même le fruit de multiples adaptations délicates en évolution constante. Fort d’une longue tradition de penseurs de premier ordre, le libéralisme est une théorie tant morale, juridique, politique qu’économique.

Le mouvement néo-libéral actuel et la philosophie politique qui l’accompagne occupe une place importante dans le cursus universitaire de tout étudiant américain. Il sont superbement ignorés en Europe. Le libéral européen est tout à la fois incapable de se référer tant à l’héritage qu’aux débats actuels de la doctrine dont il se revendique.

L’émergence d’une force authentiquement libérale doit passer par une révolution des esprits. F.A. Hayek affirmait que notre langage est empoisonné : le simple fait d’adosser le mot "social" à des notions aussi fondamentales que la politique, la justice, l’économie, le libéralisme conduit instantanément à vider ces dernières de toute substance, les renvoyant à une sorte de magma grisâtre et insignifiant. Il faut cesser de s’exprimer (et donc de penser) avec le vocabulaire et les concepts de l'adversaire. Pour lutter à armes égales contre le "prêt-à-penser" et le moralisme ambiant de la gauche bien-pensante, il est impératif que les libéraux opèrent un travail sur eux-mêmes. Cela doit passer par une redécouverte de cette riche tradition trop souvent ignorée. Il ne s’agit pas d'exhumer certaines valeurs poussiéreuses et brandir ces dernières telles quelles. La fidélité à une tradition faillit à sa tâche lorsqu’elle se contente de répéter cette dernière de manière mortifère. Etre fidèle, c’est prolonger cette tradition et la faire évoluer.

Le progressisme, l’originalité voire l’humour sont les instruments dont usent avec succès les mouvements de la gauche. Il n’y a aucune raison qu’ils en conservent le monopole. Il importe de faire preuve d’audace et de présenter certaines idées foncièrement novatrices - tant dans leur contenu que dans leur forme - de manière à répondre aux grandes questions du moment. Il importe de réceptionner les problèmes dans un cadre d’analyse authentiquement libéral et de proposer des solutions appropriées (sans craindre de bousculer allégrement les tabous de la pensée unique).

C’est là la vocation de l’
Institut Hayek.

L’Institut Hayek est un think tank, c’est-à-dire un centre d’études regroupant différents universitaires et dont le dessein est d’influer significativement sur la vie sociale, politique et économique. Il publicise les opinions et analyses de ses membres principalement par voie de presse et au travers de diverses activités (colloques, pétitions, mobilisations, etc.).

Face aux idéologies socialiste, écologiste, altermondialiste ou tout autre mouvement politique, philosophique ou religieux attentatoire aux libertés, l’Institut Hayek cultive en priorité les valeurs authentiques du libéralisme. Il entend également défendre les idéaux démocratiques, les structures de l’Etat de droit, les valeurs de l’atlantisme et celles du progrès dans tous les domaines. Il appuie par principe toute initiative qui entend défendre ces valeurs menacées et propager ces idéaux partout dans le monde.

Dans une optique interdisciplinaire et fidèle en cela à la pensée de F.A. Hayek, l’Institut Hayek milite tout à la fois pour la mondialisation des échanges, la réforme de l’ONU, la création de capacités militaires européennes dignes de ce nom et intégrées à l'OTAN, la lutte active contre les dictatures, le développement de l’énergie nucléaire, l’abandon progressif de la politique agricole commune, la privatisation progressive de l’enseignement universitaire, le maintien et le développement du lien transatlantique, le développement des OGM, etc.

C’est une malédiction de la droite libérale en Europe que de se montrer intellectuellement paresseuse. Faute d’une certaine curiosité et d’une robustesse dans la réflexion, elle est contrainte - lorsqu’elle est amenée à se prononcer sur les problèmes chaque jour plus complexes de notre monde - de se rattacher à la configuration théorique mise en place par des intellectuels de gauche. Les dossiers environnementaux, géostratégiques, technoscientifiques, mondialistes sont vus quasi-exclusivement au travers du filtre interprétatif de la gauche académique.

Le contraste est saisissant lorsqu’on examine le nombre important d’analyses fouillées et argumentées émanant de la droite libérale dans l’univers anglo-saxon. Nos homologues d’outre-Atlantique ont compris qu’il importait de se documenter soigneusement sur toutes ces questions, raison pour laquelle il existe tant de think tanks chez eux.

Au sein des ONG et autres officines de la gauche, il règne une unanimité dogmatique à propos d’une multitude de points qui ne sont plus questionnés et critiqués en tant que tels. L’Institut Hayek veut déconstruire ces évidences et réinstaurer un débat authentique au sein de la classe politique.

L’Institut Hayek entend initier une dynamique. Par la constitution d’un réseau d’intellectuels universitaires appartenant tant au monde francophone qu’anglophone, par la lutte contre la désinformation, la diffusion d’idées neuves, l’affirmation de thèses fortes et argumentées, la rédaction de rapports, la publicisation de propositions concrètes, il se veut à l’avant-garde d’un vaste mouvement libéral de reconquête intellectuelle en Europe.

Par Axel
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Mardi 2 août 2005
Je tiens vraiment à vous faire partager un "point de vue" paru dans le journal Le Monde du 28 juillet dernier. C'est Maurice Levy, président du directoire de Publicis, qui a écrit cette tribune impitoyable dans sa vision réaliste et blasée de l'état économique de notre pays. Son état d'esprit, aussi. L'introduction, sur les JO, est vraiment bien vue. A lire, assurément, par ceux qui veulent être confortés dans leur envie de changement, mais aussi par les alchimistes de la politique qui pensent qu'il faut plus de social pour avoir moins de chômeurs : autant faire de l'or avec du plomb... Enfin bref, j'attend vos commentaires avec impatience. Le "point de vue" de M. Levy est assez long, mais ça ne doit pas vous empêcher de le parcourir ! A noter qu'il ne s'agit aucunement d'une vision pessimiste de la France, mais bien d'un constat "présent" sur une situation qui peut, qui doit évoluer dans le bon sens. Le gouvernement qui s'attelera à la tâche sera forcément impopulaire, dans un premier temps. Mais il faut passer par là pour que notre pays revienne au tout premier plan et sorte de la crise. (Axel)

Sur le déclin, exactement

Le déchaînement des critiques à l'endroit du maire de Paris et des équipes qui ont conduit la candidature de notre capitale pour accueillir les Jeux olympiques de 2012 a quelque chose de pathétique.

Oui, c'est triste d'avoir perdu cette belle occasion. Pouvons-nous faire mieux ? Rendre notre candidature plus attrayante ? Sans doute. On n'est jamais parfait et on peut toujours mieux faire. Mais ceux qui cherchent la cause de notre échec dans une quelconque faiblesse de notre dossier ou de nos présentations se trompent. Un travail exceptionnel, qui nous a amenés tout près de la victoire, a été réalisé, mais hélas, dans ce genre de compétition, il n'y a de podium qu'à une place.

Qu'est-ce qui nous a fait perdre ? Ayant suivi les choses de très près bien avant l'annonce même de la candidature de Paris, je ne crois pas que le dossier soit en cause ; je crains que le vrai responsable de notre échec soit l'effet de halo de notre image dans le monde.

On se rétrécit, on se rabougrit et on donne l'image de perdants. Et nul n'a envie de rejoindre des perdants. Mais si les réactions à l'échec ont été pathétiques, ce qui l'est davantage, c'est l'espoir, le rôle, la place que l'on donne aux JO pour redonner de l'espoir, de l'énergie et un projet pour la France ; un horizon aux Français.

Il faut vraiment qu'on n'ait pas grand-chose pour en arriver là. Et c'est hélas vrai. Il serait temps qu'on écarquille les yeux, prenne une douche glacée et regarde la réalité en face : nous sommes sur le déclin avec une pente qui va s'accélérant.

Le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie a rappelé notre endettement et le fait que nous vivons au-dessus de nos moyens. Les chiffres étaient pourtant connus et, à ce jour, nul gouvernement depuis vingt ans n'avait voulu en déduire les conséquences. Les chiffres qui attestent de notre déclin sont aussi connus de tous.

Ces chiffres, connus de tous, je ne vais pas les rappeler : un chômage, véritable cancer qui ronge notre société ; une croissance qui peine et dont les fruits sont consommés avant même d'avoir été cueillis ; des entreprises qui perdent de leur compétitivité et dont les contraintes de fonctionnement handicapent leur avenir ; des créations d'emploi en panne ; une innovation qui ne débouche pas sur l'industrie et le marché, à quelques exceptions près ; et des réformes qui restent timides et le plus souvent à l'état de déclaration d'intention.

Tout ceci nous amène à nous replier sur nous-mêmes et, comme toute personne inquiète, à surréagir, donnant au monde l'image de ne pas être maître de soi, comme ce fut le cas la semaine dernière à propos de rumeurs boursières.

Dans cette économie planétaire, nous donnons l'impression d'être un village gaulois. Mais, au contraire de celui d'Astérix, il ne fait pas sourire et fera encore moins sourire nos enfants et petits-enfants dans vingt ans.

Que nous le voulions ou non, nous vivons dans une économie mondiale et sommes en compétition avec des pays à bas salaires. Ces derniers ont pu progresser, améliorer leurs positions, la situation de leurs populations, ce qui était l'objectif de la mondialisation et une formidable réussite dont on doit se réjouir, même s'il y a encore beaucoup à faire pour les aider à lutter contre la pauvreté, le sida et d'autres fléaux.

Là où tout le monde s'est trompé c'est sur la vitesse à laquelle les barrières technologiques et du savoir, supposées remplacer les barrières douanières ou les quotas, sont tombées, rendant nos économies occidentales encore plus vulnérables, mal préparées qu'elles sont à lutter contre la Chine, l'Inde, la Corée ou Taïwan.

La morosité ambiante tient au fait que rien ne peut être fait et personne ne semble avoir la solution. En fait nos politiques ont, de tout temps, joué les pères de la nation, protecteurs de leurs ouailles et souhaitant éviter aux enfants que nous sommes les tourments des crises. C'est louable et généreux. Merci. Mais cela ne nous prépare pas à affronter l'adversité.

Souvenons-nous, au lendemain du premier choc pétrolier, alors que les Néerlandais prenaient leurs bicyclettes pour économiser l'essence, notre bon président nous expliquait que nous pouvions (et méritions) de prendre notre voiture pour les promenades du week-end.

Plus tard lorsqu'il fallait ­ hélas ! ­ procéder aux licenciements économiques, l'indemnisation fut portée à 90 % (permettant ainsi aux personnes licenciées de toucher en net plus, sans travailler. Pourquoi, dans ce cas, se précipiter pour trouver un emploi ?). La liste est longue. Par charité, je m'arrêterai là.

En procédant ainsi nous avons infantilisé les Français, voulant leur éviter les difficultés. Inconscience ? Malvision ? Incompétence ? Générosité mal calculée ? Le pompon fut tout de même cette absurde décision des 35 heures où on a expliqué à l'envi que nous pouvions travailler moins et gagner plus.

Comment dans ce contexte espérer que ces mêmes Français puissent accepter la réforme, les réformes indispensables ? Comment espérer réformer dans le consensus ? Où a-t-on imaginé cela possible ?

Il faut avoir le courage de dire que sans des réformes sérieuses nous allons dans le mur et, en responsables, accepter les conséquences et, éventuellement l'impopularité et voire même la confrontation.

Il faut se pénétrer d'idées simples : nous ne pourrons créer plus d'emplois sans alléger la fiscalité, sans simplifier la législation du travail, sans admettre la flexibilité et sans autoriser de jure et de facto les fluctuations d'effectifs. Et, crime contre l'esprit, sans revoir la fiscalité des capitaux et des revenus. Donc revoir l'organisation de notre bon Etat et de nos administrations et les réformer sérieusement, profondément.

La vitesse de changement conduit à des transformations d'entreprise, de services et des emplois. En forçant les entreprises à suivre des processus compliqués, administratifs et maintenant judiciaires, on inhibe l'esprit d'entreprendre et on condamne ou réduit la croissance et la création d'emplois.

Beaucoup de nos lois, de nos réglementations, de nos dispositions sont autant de décrets contre l'emploi.

Pour certains, ceci ressemblera fort à un discours libéral, que dis-je ultralibéral. Non, c'est un discours de progrès. C'est la réforme seule qui permettra de redonner à la France de l'énergie le goût d'entreprendre et l'envie de prendre des risques, de rapatrier les capitaux et de ramener les investisseurs en France et finalement de créer des emplois marchands et compétitifs en nombre suffisant pour lutter efficacement contre le chômage.

C'est une approche qui demande du courage, une abnégation rare de nos jours et une vision supérieure de l'intérêt de la nation. Et une vraie ambition... pour la France.

La France gagnera plus en étant ouverte sur le monde. Nous avons des talents, des capacités, un niveau d'éducation supérieur à bien des pays. La liste est longue et dans bien des compétitions économiques nous avons des avantages décisifs.

Nous avons besoin d'espace, de liberté et d'un souffle porteur qui nous mèneront vers la réussite.

Le déclin qui nous amènera demain à céder notre place de façon quasi inéluctable à la Chine doit être stoppé net par des décisions ambitieuses, courageuses, qui redonnent l'espoir.

Y a-t-il un homme politique capable de se dépasser, de dépasser ses propres ambitions au nom d'une certaine idée de la France ?




   Maurice Lévy

Par Axel
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Mardi 22 novembre 2005
J'avais écris le billet "Racailles, et caetera" assez rapidement, sans développer vraiment ma réflexion... Et puis je suis tombé sur une opinion parue dans Le Monde du mardi 22 novembre, qui reflète bien ce que je pense des casseurs. Et ce qu'il faut en penser, tout court.

C'est un article de André Glucksmann, philosophe et écrivain. Je ne suis pas tout le temps du même avis que lui, mais force est de constater que sur le sujet qui nous intéresse, sa clairvoyance est évidente. Je met un court extrait, et vous invite à aller lire de bout en bout ce point de vue, sur le lien qui suit :

Lire l'article d'André Glucksmann : Les feux de la haine

Un extrait :

"Brûler des véhicules vides est un délit. Enflammer des bus pleins, vider sous les passagers des bidons d'essence et craquer une allumette est un crime. Faut-il être philosophe pour distinguer les violences contre les choses et la terreur contre les personnes ? Un seuil a été franchi. Voici venue l'heure du nihilisme. Il prend au sérieux un slogan jusqu'alors fantaisiste : "Nique tout !"

Les cas de cruauté ne soulèvent aucun sentiment d'horreur ni de répulsion chez les insurgés. Eux qui déplorent à juste titre le sort de deux jeunes électrocutés n'ont pas un mot, pas un regard pour les victimes et les morts qu'ils font. Comme si le cap du respect humain une fois franchi, la lutte à mort devenait règle.[...]"

Par Axel
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Mardi 20 décembre 2005

Act Up est une association créée à l'origine pour lutter contre le SIDA. C'est tout à fait légitime, et il faut reconnaître que leur activisme a, dans les années 90 notamment, joué un rôle dans ce combat de tous les jours pour la vie. On se souvient particulièrement de ce préservatif géant recouvrant l'obélisque de la place de la concorde, geste à portée hautement symbolique : sortez couverts !

Malheureusement, ce militantisme se détourne progressivement de son postulat de base, et, surfant sur une vague tristement marketing, ils ont décidé de s'en prendre au ministre de l'intérieur, président de l'UMP, Nicolas Sarkozy. C'est bien connu, les gens qui ont du succès gènent, en France. Surtout s'ils osent dire les choses telles qu'elles sont, et telles qu'ils voudraient qu'elles soient : quelle honte, d'avoir des idées !

Belle méthode de revendication !


Ainsi, la dernière campagne d'Act Up cible ouvertement monsieur Sarkozy, avec l'affichage dans les rues de Paris de posters représentant ce dernier, et portant la mention "VOTEZ LE PEN". Quelle finesse, quel talent ! Quel amalgame... L'homme politique du moment serait ainsi anti-étrangers, anti-immigration, raciste, et, pourquoi pas!, pro-SIDA ! C'est indécent de relever autant de contre-vérités dans un discours.

Quel mal y a t'il à dire que l'immigration "choisie" serait plus appropriée ? Est-ce être xénophobe que de souhaiter le vote des immigrés non-naturalisés aux élections locales ? Est-ce être raciste que de préferer des immigrer mieux intégrés ? Des banlieues non-communautaires ? J'arrête là cette énumération, loin d'être exhaustive, mais plutôt édifiante. Ainsi, cette campagne d'affichage relève plus de diffamation partisane de bas-étage, celle-là même que pratique monsieur Le Pen, justement... C'est bien le comble !

Seconde affiche, même niveau...


Nicolas Sarkozy et ses partisans ont préféré ne rien faire. Certes, il y a eu quelques commentaires, pour la forme. Mais une fois encore, le mot d'ordre reste d'ignorer ce genre de provocations. Elles sont non seulement peu constructives, mais en plus d'un genre à rabaisser ces opposants, ou devrais-je dire ces détracteurs, tout sauf sérieux.

Messieurs, mesdames membres d'Act Up : pourquoi ne pas revenir à vos "premiers amours", au lieu de prendre parti politiquement, sous couvert de justifications douteuses ? Vous étiez bien plus drôles et plus efficaces quand vous vous limitiez à ce qui s'avère être votre but premier : la lutte contre le SIDA. Alors s'il vous plait, ne devenez pas le virus de notre vie politique. A bon entendeur...

Images : Act Up-Paris

Par Axel
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Vendredi 23 décembre 2005

Le ministre de l'intérieur et président de l'UMP, monsieur Nicolas Sarkozy, a été interviewvé par les journalistes du quotidien Libération. Face à ses interlocuteurs peu enclins à faire preuve de bonne foi, Mr Sarkozy a répondu calmement, et, comme d'habitude, avec une maitrise réthorique impressionante. Il réagit notamment sur la campagne d'Act Up, sur les émeutes de novembre et sur bon nombre de points chauds de sa politique. Extraits choisis :


Libération : Que pensez-vous de l'affiche d'Act Up sur les murs de Paris qui reproduit une photo de vous avec le slogan «Votez Le Pen» ?

Nicolas Sarkozy : Cette affiche est directement inspirée des méthodes du Front national. Cela porte un nom : l'amalgame. On ne dénonce pas l'extrémisme en étant soi-même extrémiste et en cédant à la pratique systématique de l'amalgame. Voilà ce que je dis aux dirigeants d'Act Up.

[...]

Est-ce que vous n'avez pas parfois honte de votre manière de réagir aux événements sans aucun recul, et parfois sans beaucoup de réflexion ?

Est-ce une question ou une déclaration militante ? Venant d'un journal dont le manque de recul est une caractéristique, je pourrais prendre votre question comme un hommage ! Pour le reste, je suis un républicain scrupuleux, sans doute moins sectaire que vous.

Vous êtes ministre, pas journaliste...

Le fait d'être ministre ne vous disqualifie pas en tant qu'être humain. Comment pouvez-vous dire une chose aussi outrancière ? Alors que j'ai été le ministre de l'Intérieur qui a connu vingt-cinq nuits d'émeutes et que, à la différence de tous les pays qui ont connu ça, il n'y a eu ni morts ni blessés graves. Et que tout le monde, y compris votre journal, a noté la maîtrise des forces de l'ordre. Je ne crois pas qu'on puisse croire que les forces de l'ordre aient pu être maîtrisées par un ministre qui ne serait pas maître de lui-même. Il y aurait contradiction. Depuis quatre ans, j'ai porté des débats qui, dans nombre de cas, étaient en opposition frontale avec les thèses du Front national. Le FN, par exemple, se bat sur le thème de l'immigration zéro. Je n'ai jamais défendu cette thèse. J'ai défendu les quotas d'immigrés, c'est-à-dire une immigration positive. Je suis l'homme politique en France qui s'est le plus battu pour la discrimination positive. C'est une idée nouvelle qui est exactement le contraire de l'idéologie véhiculée non seulement par l'extrême droite, mais aussi par une partie de la droite. Troisièmement, j'ai écrit dès 2001, dans mon livre Libre, que j'étais favorable au vote des étrangers aux municipales. Je ne crois pas que Jean-Marie Le Pen soit d'accord pour donner le droit de vote aux immigrés. Quatrième élément : j'ai été celui qui a porté la question de l'islam en France. J'ai dit que l'islam était une grande religion de France, qu'elle devait être représentée dans le cadre des institutions de la République, et que, si les musulmans pratiquants n'étaient pas au-dessus des lois, ils n'étaient pas non plus au-dessous. J'ai d'ailleurs été attaqué violemment sur ce sujet par Villiers et Le Pen. Cinquième élément: je suis le ministre de l'Intérieur qui a fait voter la suppression de la double peine à l'unanimité. Sixième élément : pour les lycéens dont les parents n'ont pas de papiers, j'ai pris la décision lourde d'arrêter les expulsions durant l'année scolaire ; sur toutes ces questions, j'ai exprimé un diagnostic et une vision de notre société. Et vous osez dire que je devrais avoir honte ? C'est vous qui devriez avoir honte de poser une question aussi contraire à l'objectivité la plus élémentaire.


[...]

Mais quand vous parlez de «racaille» en vous rendant à Argenteuil, n'est-ce pas une réaction qui manque de recul ?

L'émission Arrêt sur images de Daniel Schneidermann a démontré les choses. Quand j'arrive à Argenteuil, c'est une personne qui me dit depuis le premier étage, une personne maghrébine par ailleurs : «M. Sarkozy, débarrassez-nous de ces racailles, on n'en peut plus, on a peur.» Et je réponds : «Oui, madame, faites-moi confiance, on va vous débarrasser de ces racailles», visant les gens qui lançaient des tessons de bouteille et autres projectiles. Je ne vois rien qui soit si peu que ce soit antirépublicain dans ce que j'ai fait durant ces trois semaines de violences, ni durant mes trente ans de vie politique.

[...]

On ne vous interdit pas de parler, vous avez sans arrêt la parole...

Vous êtes sectaires ! C'est d'ailleurs une partie de vos problèmes que ce décalage total entre le côté systématique de votre pensée et l'aspiration du plus grand nombre. Si j'ai des bons sondages, si les gens se reconnaissent dans la façon dont j'ai géré les banlieues, ce serait donc parce que le peuple est stupide ? Vous, vous avez toujours raison et c'est le peuple qui se trompe ? C'est formidable : ou bien les Français ne me suivent pas, et dans ce cas-là j'ai tort, ou bien ils me suivent, et dans ce cas-là ce sont les Français qui ont tort. Mais vous, vous avez toujours raison. C'est exceptionnel ! Vous ne doutez donc jamais ?

[...]

Le Pen vous décerne des brevets de bonne pratique, et Lilian Thuram déclare : «Le discours de Sarkozy est dangereux, car il réveille le racisme latent qui sommeille chez les gens.» Cela ne vous trouble pas ?

Arrêtez de citer Le Pen comme référence unique. Et vous, vous n'êtes pas troublés d'avoir dénoncé pendant vingt-cinq ans une réalité que vous n'avez cessé d'exalter et d'exciter ?

Vous parlez de Lilian Thuram ?

Non, de vous, Libération ! Quant à Thuram, je le plains de pouvoir être si caricatural. C'est un grand footballeur, ce n'est pas encore un maître à penser... Est-ce que vous n'êtes pas troublés que ces véhémentes dénonciations du FN n'ont abouti qu'à une seule chose : à enfler le phénomène du FN ? Est-ce que vous n'êtes pas troublés que la pensée unique dont vous êtes vous, comme d'autres, les porteurs, n'a conduit qu'à pousser à la désespérance un certain nombre de gens qui n'ont rien à voir avec le FN ? Est-ce que vous expliquez comment l'extrême droite a pu passer de 3 % au début des années 80 à 25 % sous François Mitterrand ? Est-ce que vous ne pensez pas qu'il convient que, les uns et les autres, on se remette en question dans notre façon de parler, de faire de la politique et de répondre aux angoisses des gens ? Ces questions, est-ce que vous ne vous les posez pas ? Est-ce que vous ne pensez pas, vous, qui perdez des lecteurs, qu'il y a un décalage entre la réalité et ce que vous écrivez ? Car qui sont les électeurs du FN ? Il y a sans doute une petite partie d'authentiques fascistes ou racistes, mais l'immense majorité, ce sont des gens qui poussent un cri d'appel au secours. Ils ont peur, ils se sentent abandonnés. Parce que nous, journalistes et politiques, nous leur donnons le sentiment de ne pas parler pour eux. Le fait que je sois entendu de tous ces gens devrait plutôt vous réjouir. On n'a pas le droit de considérer que les 20 % de gens qui ont voté pour Le Pen sont à tout jamais perdus pour la République.

[...]

Vous ne craignez pas d'avoir les jeunes contre vous en 2007 ?

Les jeunes ont deux aspirations : trouver un travail et réussir leur vie. Ils veulent que la France change à l'unisson du monde qui bouge. Je veux porter une énergie nouvelle au service de ce changement. Nombreux sont les jeunes qui l'ont compris et nous rejoignent. Si j'en juge par l'accueil qu'ils ont réservé aux stars du show biz, ils ne sont pas décidés à être récupérés. Ils veulent qu'on les respecte. C'est très exactement ce que je veux faire.

[...]

Votre image s'est droitisée alors qu'un candidat à la présidentielle doit rassembler. Cela vous rend pessimiste pour la suite ?

Je ne vois ni dérive, ni droitisation, mais des Français de droite comme de gauche qui veulent que les valeurs du travail, du respect, de l'autorité, de la justice et de l'humanité soient davantage mises en avant. Ce sont les valeurs que je défends. Elles sont celles de tous les Français.


Source :



L'interview dans son intégralité

Par Axel
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Mercredi 25 janvier 2006
La gauche française est-elle la plus archaïque du monde ? C'est la question posée par un consultant financier, Alexis Karklins-Marchay, dans une opinion parue dans Le Monde daté du 21 janvier 2006. Et finalement, plus qu'une question, ce serait même un constat. L'auteur prend ainsi l'exemple de la gauche chilienne, récemment arrivée au pouvoir par l'entremise de Michelle Bachelet.

Qu'apprend-t-on ? Que le programme de la Présidente Bachelet est rationnel quant à l'économie mondialisée, et qu'il propose des réformes libérales, indispensables aujourd'hui dans ce pays. Alors imaginez en France... Pendant ce temps là, Ségolène Royale parade, et dans l'hexagone, on refuse encore et toujours de comprendre que "réussite économique et progrès social ne sont pas des objectifs séparés" (Gérard Mermet, Révolution! ). Non non, nous en France, on veut juste du social : du pain, des jeux, et le moins de temps de travail possible.

Depuis mai 2005 notamment, le discours de la gauche est devenu de plus en plus anti-libéral, et disons le tout de go, de plus en plus démagogique. Car qui sont les populistes, sinon ceux qui prônent toujours plus d'immobilisme, sans tenir compte des réalités qui nous entourent ? Ceux qui utilisent les peurs des français pour s'assurer une triste légitimité politique ? Un rapide coup d'oeil sur les socialistes du monde entier, et la conclusion est frappante : les idées de la gauche française sont rétrogrades.

Un exemple ? Les critiques multiples contre les contrats nouvelles et premières embauches (CNE/CPE), et l'appel à la manifestation par tous les syndicats et partis de gauche, UDF compris... Alors que par ces mesures, le gouvernement veut résorber le taux de chômage, et faire respirer les entreprises (c'est lié, bien entendu !), d'autres ne trouvent rien de mieux à faire que de crier à l'ultralibéralisme ! Invective suprême, s'il en est... Pourtant, quelle est la finalité de ces nouveaux contrats ? Tout simplement faire sortir la France de son sentiment d'autosatisfaction qui voudrait nous faire croire que nous sommes les meilleurs, partout.

Modèle social, éducatif, sanitaire,... On croit vraiment avoir tous les atouts du monde. Mais c'est tout simplement une monumentale méprise ! Non, les français n'ont pas toujours raison. Non, notre modèle n'en est plus un, en a t-il déja été un, d'ailleurs ? Oui, les réformes enclenchées par le gouvernement vont dans le bon sens, car elles considèrent le monde tel qu'il est. Alors, bien sûr, on risque de travailler plus. C'est fatiguant. Plus que de manifester. Oui, aussi, on nous demande de faire des efforts, car chacun doit participer pour parvenir à sortir la France de sa léthargie. C'est embêtant. Plus que de manifester. D'ailleurs, quelles sont les propositions de la gauche et des manifestants ? Protectionnisme économique, nationalisations, hausse des salaires, hausse des taxes sur les entreprises, maintien des aberrantes 35 heures,...

Bref, alors que des pays communistes ou socialistes n'hésitent plus à se lancer dans la mondialisation, en France, c'est unique, on vit encore sous la guerre froide. Et du mauvais côté, c'est le comble ! La faute à qui ? Les responsabilités sont multiples, mais la balance est bien plus lourde à gauche qu'à droite. Gageons que 2007 saura apporter de la fraîcheur dans notre paysage politique. Personnellement, je préfère un emploi "précaire" pendant deux ans, avec un poste à la clef, plutôt que cinq ans de précarité présidentielle (socialiste s'entend), dont l'issue serait catastrophique. En attendant, le chien aboie, la manifestation passe.
Par Axel
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Mardi 14 mars 2006
Au secours ! Les volatiles s’enrhument, et ce sont 60 millions de français qui ont la chair de poule. Ca doit être pour célébrer les 10 ans de la paranoïa de la « vache folle » : on se fait encore avoir comme des dindes par le tohu-bohu médiatique.

Mais qui faut-il blâmer ? Ces pauvres cygnes et leur funeste bal ? La triste danse des canards ? Non. Certains vous diront que c’est un coup du sort : ce n’est pas ce félin mort d’avoir préféré les poulettes aux croquettes qui vous miaulera le contraire !

Alors qui ? Peut-être tout simplement nous même… Car quoi de mieux qu’une petite menace de pandémie pour oublier ses soucis quotidiens ? Alors on cède à la panique aviaire : fini le poulet, même s'il n’y a aucun risque ! Les sots-l’y-laissent, si vous voulez mon avis… Et puis on achète des vaccins. Qui ne servent à rien… Certains ont voulu s’exiler à la Réunion. Mal leur en a pris : là bas, c’est la Chikungunya fever qui fait fureur !

Sans oublier notre Premier Ministre qui en rajoute, même s’il trouve certainement les basses-cours plus calmes que les universités. Ca piaille tout autant, mais on y trouve moins de glands. Et puis le poulet est connu pour être plus digeste que l'étudiant. Bref, vous aurez compris, mangeons du poulet, en plus ça ne coûte pas cher en ce moment. Résistons à nos démons aviaires intérieurs ! Et n’oublions jamais : pas de diète d’omelette pour les braves…
Par Axel
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