L'inventaire
Ce n'est rien. Un jour comme les autres que ce 1er juin 2004 ; c'est un mardi. On a ouvert la boîte de Pandore. Ca change tout ? On s'attendait à beaucoup d'émotion, de surprises, peut-être !, mais au final nous n'avions trouvé que le contenu banal d'une mallette jamais vidée depuis 11 ans. Veuve de son propriétaire, attendant d'être ouverte.
Un porte-documents... Vide. Mais présent, on ne sait vraiment pourquoi... Une montre, les piles sont mortes. Bien sûr. On trouve aussi un stylo plume, imposant, ou bien encore une calculette. Sommes nous en 1993 ? Il en faut peu pour se projeter dans le passé : un mini-calendrier de l'année, qui ne s'est jamais terminée. Il était dans le portefeuilles, recelant de véritables trésors de "pas-grand-chose".
Notre homme était pilote, semble-t-il. Du moins c'est ce que laissent penser le permis de conduire, bien rempli, et la licence de pilote d'avions, privés. De la famille ? Quelques photos de femmes et d'enfants, pas de doute donc. Tiens ! On se découvre des plus curieux dans l'inventaire de la banalité. Et cette poupée "pinup" glissée au fond du portefeuilles, est-ce un souvenir ? Une idole ? Un porte-bonheur ?
Ces considérations importent peu, et pourtant ! Comment ne pas s'interroger sur le contenu de ce petit porte-monnaie ? ...
Un coupe ongle, sait-on jamais !, accompagne un canif, à l'utilité discutable. Et puis... Ces deux pièces. L'une française, trouée, de 1925. L'énigme ne tient pas à l'examen attentif du passeport de feu le propriétaire de la valisette. 1925 ? C'est l'année de sa naissance. L'autre pièce, un pfennig allemand de 1979, gardera elle son mystère...
Oui, ce ne sont que des petites choses futiles et peu chargées en émotion, à première vue. Mais on se rend compte, lorsque fini l'inventaire : la vie ce n'est rien... Mais c'est déjà beaucoup.
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