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Lundi 25 décembre 2006
Dans Le Monde daté du samedi 23 décembre, la député UMP de l'Essonne, madame Nathalie Kosciusko-Morizet, donne son point de vue sur le PS et sa candidate à la présidence. Des propos salutaires, en ces temps de "ségolénite aigue". J'ai surligné les passages les plus édifiants  :

"Il ne suffit pas d'être le candidat du PS pour être de gauche. La situation devient totalement baroque. A bien écouter Ségolène Royal, sa logorrhée sur l'ordre moral, son obsession sur les mineurs, son bavardage sur chacun des sujets qu'elle aborde sans jamais exprimer la moindre idée, le plus petit commencement d'une proposition concrète, des frissons commencent à nous parcourir.

Dans la tradition de chaque parti politique, on cache au placard de l'Histoire un objet obscur, un rejeton qu'à aucun prix on ne veut voir ressurgir. Et pourtant là, à y regarder de près, et comme l'on dit aujourd'hui en toute transparence, ce discours-là évoque des thèses, des prises de position, une culture, une posture qu'avaient adoptées des responsables socialistes aujourd'hui passés aux oubliettes.

La renaissance de cet hyperconservatisme de gauche rencontre un écho bien paradoxal. On savait les socialistes sur la pente dangereuse d'un conformisme rentier, à défendre les fonctionnaires, leurs avantages, les 35 heures et le confort de quelques cadres nantis, et pour le reste, en déshérence ; on les anticipe avec la hargne de gagner pour que leurs chefs retrouvent les Peugeot 607 et autres carrosses de la République, mais surtout aveuglément avec la peur au ventre que ne se reproduise 2002.

Au fond tout cela est sans surprise. Mais la France, celle qui ne se résout pas à cette gauche postée désormais à la droite de la droite, sera-t-elle victime du même rapt ? Des mêmes mensonges ? Je voudrais ici revenir sur toute une série d'incongruités politiques.

Une rengaine s'installe : faute de programme, "je suis le chef, donc je les suis !". Le problème, c'est qu'il y a bien un contenu : archaïque, obsessionnel, contradictoire. Le problème, c'est qu'il y a une méthode. Pleine de sourires, des gestes sectaires et antipathiques, du calcul et un brin d'autoritarisme.

Ainsi le message depuis des semaines sonne-t-il bruyamment : les Français attendent une façon de faire de la politique autrement. Et ce sont les femmes qui seraient reines de cette nouvelle manière de faire. Mais, au résultat, Ségolène Royal refuse de saluer le leader de l'opposition du Chili, et de serrer la main de Françoise de Panafieu en Israël. S'il y a une attente, ce dédain monarchique la ruine. Est-ce que les femmes ont besoin d'être encore plus sectaires que les hommes ?

Mais le message aussi se répète : à chacun de ses interlocuteurs, elle dit "vos idées sont les miennes !", au Proche-Orient, sur les horaires des enseignants. Aujourd'hui, que va-t-elle dire sur la Turquie alors que le PS et les socialistes européens se déclarent favorables à l'adhésion de ce pays à l'Union européenne ?

Enfin, ses messages n'arrêtent pas de transvaser du creux dans le vide. Elle annonce qu'elle va parler et ne dit mot, et quand elle parle ce ne sont que vieux propos à la mode du jour. Pire, elle n'agit jamais comme elle dit. L'environnement ? Elle ne vote pas la Charte constitutionnelle, contrairement aux Verts et à certains de ses collègues socialistes. Les violences faites aux femmes ? Une loi vient en débat, elle l'ignore alors qu'elle est votée à l'unanimité et qu'elle contient des mesures fortes : l'éloignement du conjoint violent, l'autorisation du mariage à la seule majorité civile...

Après les fêtes, il y aura un devoir de clarté. Car ce rêve qu'elle essaie de nous vendre est bien trop flou. Et en même temps il vire à la caricature, au délire d'avenir ! De plus, elle plagie outrageusement Nicolas Sarkozy et tente à tout instant de piller le programme de l'UMP. Elle le fait à sa manière, parfois sans vergogne et auprès des siens avec un succès mitigé, comme ce fut le cas avec la carte scolaire.

Cette absence de candidat de gauche va peser lourdement dans les prochaines semaines. L'ambiance pour elle n'est pas au rassemblement, plutôt à quelques ralliements de façade, comme celui de Jean-Pierre Chevènement qui sauve sa circonscription - qu'il a perdue en 2002 - ou comme les radicaux de gauche qui, évinçant Christiane Taubira, capturent 36 circonscriptions.


Surtout, le brouhaha de sa campagne masque pour l'instant le silence de ses amis. Mais c'est un silence genre
Silence des agneaux. Ils attendent tous le couteau entre les dents. Comment pourrait-il en être autrement ? Comment par ailleurs la gauche antilibérale peut-elle se résoudre à l'ordre juste et à l'ordre moral... ? Le monde politique est un peu cul par-dessus tête."

Par Axel - Publié dans : Actualité
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