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Mardi 14 mars 2006
Au secours ! Les volatiles s’enrhument, et ce sont 60 millions de français qui ont la chair de poule. Ca doit être pour célébrer les 10 ans de la paranoïa de la « vache folle » : on se fait encore avoir comme des dindes par le tohu-bohu médiatique.

Mais qui faut-il blâmer ? Ces pauvres cygnes et leur funeste bal ? La triste danse des canards ? Non. Certains vous diront que c’est un coup du sort : ce n’est pas ce félin mort d’avoir préféré les poulettes aux croquettes qui vous miaulera le contraire !

Alors qui ? Peut-être tout simplement nous même… Car quoi de mieux qu’une petite menace de pandémie pour oublier ses soucis quotidiens ? Alors on cède à la panique aviaire : fini le poulet, même s'il n’y a aucun risque ! Les sots-l’y-laissent, si vous voulez mon avis… Et puis on achète des vaccins. Qui ne servent à rien… Certains ont voulu s’exiler à la Réunion. Mal leur en a pris : là bas, c’est la Chikungunya fever qui fait fureur !

Sans oublier notre Premier Ministre qui en rajoute, même s’il trouve certainement les basses-cours plus calmes que les universités. Ca piaille tout autant, mais on y trouve moins de glands. Et puis le poulet est connu pour être plus digeste que l'étudiant. Bref, vous aurez compris, mangeons du poulet, en plus ça ne coûte pas cher en ce moment. Résistons à nos démons aviaires intérieurs ! Et n’oublions jamais : pas de diète d’omelette pour les braves…
Par Axel - Publié dans : Actualité
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Vendredi 3 mars 2006
Commençons sans tarder par une question : n'est-ce pas étrange de constater l'absence de mobilisation anti-CPE pendant les vacances ? Ainsi, on veut bien rater les cours et empêcher les autres d'y assister, mais rater les vacances, ça, jamais ! Brillante démonstration de l'absolu opportunisme de ces étudiants, et par extension, de la faiblesse de leurs convictions. On imagine mal les résistants de 39-45 arrêtant d'attaquer les allemands, sous prétexte de jour ferié. La défense de ses idées ne mérite-t-elle pas en effet quelques sacrifices, comme son séjour au ski par exemple ? Encore faut-il que la cause soit juste, dirais-je...

Le comble de la mauvaise foi est atteint par cette représentante rennaise du syndicat étudiant UNEF, qui explique que les vacances vont leur permettre de se reposer, après ces "intenses" journées de contestation. Si elle parle de soigner sa gueule de bois suite aux nombreuses bières ingurgitées pendant les manifestations, je comprend. Si il est question de laisser reposer ses poumons après tant de cigarettes (et autre) fumées au lieu d'aller en cour, soit...

Non mais franchement ! Est-ce si fatiguant de parader en ville en beuglant des slogans d'une faiblesse incroyable ? D'organiser des concerts dans les locaux universitaires ? De réunir des Assemblées Générales ne laissant la parole qu'aux partisans de la grève ? Nos amis contestataires ont soit un certain sens de l'humour, soit un culot certain.

Quand je pense qu'en plus, tous ces mouvements reposent sur de la désinformation, la consternation n'est pas loin. Je suis triste de voir que mes congénères étudiants sont dans leur triste majorité des moutons, obéissant au doigt et à l'oeil d'une organisation syndicale sponsorisée par le PS... J'invite ces égarés à surfer sur le site de l'UNI, et plus particulièrement sur cette page, qui dénonce les mensonges véhiculés par les anti-CPE.

Le CPE est-il un bon contrat ? Personne n'a assez de recul pour en juger. Mais il s'agit à coup sûr d'une tentative audacieuse d'assouplir notre archaïque droit du travail. Et on notera avec un certain amusement que, contrairement aux manifestants, le gouvernement, lui, travaille pendant les vacances...
Par Axel - Publié dans : Billets d'humeur
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Mercredi 1 mars 2006

Si c'est pas un bonhomme de neige qui a de la classe, ça... Un peu de détente, ça ne fait jamais de mal : retomber en enfance, ça fait même du bien ! Un petit clin d'oeil de Haute-Savoie, où je passe mes vacances. Il y a de la neige, il y a du soleil, et surtout, surtout, de la tartiflette (avec du vrai reblochon)... Pour les savoyards de passage, d'ailleurs, voilà un lien qui devrait vous intéresser : http://envoiedugros.free.fr/. On y trouve notamment des dahus en vidéo, ce qui est assez rare pour être souligné ! Allez, à bientôt pour des articles,disons, un peu plus politiques !

Par Axel - Publié dans : En passant...
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Mercredi 1 février 2006

Ceci est le premier volet d'un "cycle" sur l'univers des séries télévisées américaines. Je me focaliserai sur cinq d'entre elles, très différentes, mais toujours originales et souvent de très bonne qualité. Etudions tout d'abord le cas 24 (Twenty Four - 24 Heures Chrono), qui passe en France sur Canal+. Vous aurez certainement entendu parler de cette série dont chaque saison dure une journée, chaque épisode (24 en tout, cqfd) se déroulant en "temps réel". Alors qu'en France, la saison 4 touche à sa fin, la cinquième vient de démarrer aux Etats-Unis, et ma foi, quel bonheur !

24 narre donc les journées cauchemardesques d'un agent de la Cellule Anti-Terroriste (Counter Terrorist Unit) de Los Angeles, du nom de Jack Bauer. Héros ultime, Superman ancré dans la réalité, Jack fait face, plus ou moins aidé par ses pairs et par sa hiérarchie, aux pires menaces terroristes qu'un Etat pourrait craindre. Jusque là, une série comme on en a vu cent, me direz-vous.

Mais quand, en France, Navarro n'a presque rien fait au bout de 20 minutes, si ce n'est boire un coup et parler du beau temps, 24 est bourré de rebondissements, de conspirations, de politiquement incorrect... Jack est ainsi un spécialiste de la balle dans le genou, et autres méthodes "efficaces", pour faire parler les intrigants récalcitrants. De même, les scénaristes n'hésitent pas à sacrifier des personnages appréciés des fans, avec une froideur absolue. La première heure du cinquième jour est d'ailleurs tout à fait représentative de ces caractéristiques. Audacieux, créatif, trépidant, voilà ce qu'est 24.

Alors oui, il y a parfois des incohérences. C'est vrai, dans 24, il suffit de taper sur trois touches de son portable pour afficher le plan complet d'un bâtiment sur l'écran. D'autre part, Jack n'hésite pas à mener, seul, des actions commando, face à des dizaines de terroristes. Surréaliste ? Certes, mais qu'est-ce que c'est bon ! Jouant habilement sur les cliffhangers (rebondissements en fin d'épisode), 24 agit comme une drogue, et on attend toujours fébrilement le prochaine "heure". On se doute, parfois, de l'issue, mais c'est tellement bien fait qu'on ne peut s'empêcher de trembler pour ce "super flic cathodique".

Une fois scotché par l'intrigue, on saluera notamment le charisme des différents protagonistes. Les rapports qu'ils entretiennent sont bien développés, les effets spéciaux aboutis, les courses poursuites haletantes,... 24 est la série d'action ultime, un petit chef d'oeuvre de montage et de panache. Encore faut-il se débarrasser de son élitisme franchouillard, qui voudrait que l'on ne puisse apprécier une série produite par le groupe ultraconservateur Fox. J'oubliais : regarder 24 avec le doublage français, c'est gâcher une bonne partie de son plaisir. Comme c'est d'ailleurs toujours le cas avec le doublage, mais c'est un autre débat.

No comment... Ceci est un "spoiler"...

Bref, 24 est follement divertissant, et je ne peux que vous conseiller d'acheter les DVD des trois premières saisons. Pour les autres qui comme moi sont trop impatients de retrouver Jack Bauer (surtout vu la fin de la saison 4), sachez qu'on peut trouver avec un peu de jugeotte la série en téléchargement... Quant aux sous-titres, ils sont disponibles peu après la diffusion des épisodes. Une seule adresse pour les trouver : http://www.forom.com, la référence du sous-titrage de séries américaines en français.
Par Axel - Publié dans : Cinéma-Télévision
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Mercredi 25 janvier 2006
La gauche française est-elle la plus archaïque du monde ? C'est la question posée par un consultant financier, Alexis Karklins-Marchay, dans une opinion parue dans Le Monde daté du 21 janvier 2006. Et finalement, plus qu'une question, ce serait même un constat. L'auteur prend ainsi l'exemple de la gauche chilienne, récemment arrivée au pouvoir par l'entremise de Michelle Bachelet.

Qu'apprend-t-on ? Que le programme de la Présidente Bachelet est rationnel quant à l'économie mondialisée, et qu'il propose des réformes libérales, indispensables aujourd'hui dans ce pays. Alors imaginez en France... Pendant ce temps là, Ségolène Royale parade, et dans l'hexagone, on refuse encore et toujours de comprendre que "réussite économique et progrès social ne sont pas des objectifs séparés" (Gérard Mermet, Révolution! ). Non non, nous en France, on veut juste du social : du pain, des jeux, et le moins de temps de travail possible.

Depuis mai 2005 notamment, le discours de la gauche est devenu de plus en plus anti-libéral, et disons le tout de go, de plus en plus démagogique. Car qui sont les populistes, sinon ceux qui prônent toujours plus d'immobilisme, sans tenir compte des réalités qui nous entourent ? Ceux qui utilisent les peurs des français pour s'assurer une triste légitimité politique ? Un rapide coup d'oeil sur les socialistes du monde entier, et la conclusion est frappante : les idées de la gauche française sont rétrogrades.

Un exemple ? Les critiques multiples contre les contrats nouvelles et premières embauches (CNE/CPE), et l'appel à la manifestation par tous les syndicats et partis de gauche, UDF compris... Alors que par ces mesures, le gouvernement veut résorber le taux de chômage, et faire respirer les entreprises (c'est lié, bien entendu !), d'autres ne trouvent rien de mieux à faire que de crier à l'ultralibéralisme ! Invective suprême, s'il en est... Pourtant, quelle est la finalité de ces nouveaux contrats ? Tout simplement faire sortir la France de son sentiment d'autosatisfaction qui voudrait nous faire croire que nous sommes les meilleurs, partout.

Modèle social, éducatif, sanitaire,... On croit vraiment avoir tous les atouts du monde. Mais c'est tout simplement une monumentale méprise ! Non, les français n'ont pas toujours raison. Non, notre modèle n'en est plus un, en a t-il déja été un, d'ailleurs ? Oui, les réformes enclenchées par le gouvernement vont dans le bon sens, car elles considèrent le monde tel qu'il est. Alors, bien sûr, on risque de travailler plus. C'est fatiguant. Plus que de manifester. Oui, aussi, on nous demande de faire des efforts, car chacun doit participer pour parvenir à sortir la France de sa léthargie. C'est embêtant. Plus que de manifester. D'ailleurs, quelles sont les propositions de la gauche et des manifestants ? Protectionnisme économique, nationalisations, hausse des salaires, hausse des taxes sur les entreprises, maintien des aberrantes 35 heures,...

Bref, alors que des pays communistes ou socialistes n'hésitent plus à se lancer dans la mondialisation, en France, c'est unique, on vit encore sous la guerre froide. Et du mauvais côté, c'est le comble ! La faute à qui ? Les responsabilités sont multiples, mais la balance est bien plus lourde à gauche qu'à droite. Gageons que 2007 saura apporter de la fraîcheur dans notre paysage politique. Personnellement, je préfère un emploi "précaire" pendant deux ans, avec un poste à la clef, plutôt que cinq ans de précarité présidentielle (socialiste s'entend), dont l'issue serait catastrophique. En attendant, le chien aboie, la manifestation passe.
Par Axel - Publié dans : Actualité
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Mardi 10 janvier 2006
Pour saluer l'arrivée prochaine d'une caméra numérique dans ma boîte aux lettres, voilà un petit clip en forme de clin d'oeil à un réalisateur que j'apprécie... Rien de bien transcendant, mais tant que ça me fait rire, je me dis que d'autres personnes on le droit d'en profiter ! Et la musique est très jolie... Elle est extraite de la bande originale du film Sympathy for Lady Vengeance, de Chan-Wook Park (JSA, Oldboy). Ca s'adapte merveilleusement bien aux errements solitaires de Zorro. Mon chat, je précise. Bref, bon clip ! La vidéo est au format xvid... Donc si vous n'avez pas le codec, telecharger.fr...

Sympathy For A Vengeful Cat (cliquez pour télécharger la vidéo !)

Par Axel - Publié dans : Rominet Prod
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Mardi 27 décembre 2005

Une de mes plus récentes lectrices demandait sur son blog la vision du mouvement jeune après le séisme d'avril 2002, tel que nous l'avions vécu, adolescents entrant dans l'âge adulte. Je me suis dit que ça ferait un bon article. Voilà donc ma version de l'Histoire...

J'étais alors à Vannes, en Hypokhâgne, dans un collège-lycée-prépa jésuite dénommé Saint-Francois Xavier (SFX). En tant que prépa, nous n'avions pas de contraintes religieuses (encore heureux). Le premier jour de manifestations, c'est le grondement de la foule qui m'a fait sortir, et le bruit de vitres brisées... Il faut savoir que Le Pen est passé à SFX, en quatrième. Il s'est fait renvoyer. Mais dans l'imaginaire collectif vannetais, SFX reste un nid à "fascistes". Si ça les amusent ! Enfin... C'est donc pour ça que quelques milliers de manifestants s'étaient amassés devant l'entrée de l'institution, alliant les "SFX, AVEC NOUS" aux "SFX, FASCISTES/RACISTES !".

Le directeur avait décidé d'empêcher les mineurs de sortir. Réaction normale : si le moindre problème arrivait à un mineur (ou si un mineur causait le moindre problème, d'ailleurs), c'était SFX qui serait responsable. Mais devant cette foule déchaînée (et comme le disait Clemenceau, rien de plus dangereux que la foule !), le directeur avait d'avance tort. Les termes "fascistes" et "nazistes" (soupirs... Ces jeunes sont si peu cultivés !) perçaient l'air de leur véhémence.

Et puis, moi et quelques autres de la promo (une bonne dizaine, sur 30), nous nous décidâmes. Je n'avais rien à me reprocher : j'avais voté utile au premier tour. Mais je voulais en être, poussé par la clameur populaire. Plus nous descendions les quatre étages nous séparant de la sortie, plus le brouhaha se faisait pressant. Le hall d'entrée était jonché de bouts de verres. Des jeunes abrutis avaient brisés les vitres. La foule... Mais nous étions là pour quelque chose d'autre, de plus important. La défense d'une certaine idée de la jeunesse.

Derrière ce qui restait de la baie vitrée, nous pouvions apercevoir ce Léviathan incroyable... Un de mes amis, altermondialiste et membre d'Attac notamment, prit les devants. Je le suivais... Et alors... Cette acclamation incroyable. Cette majestueuse sensation d'être adulés. Nous étions des résistants. Nous avions affronté l'oppresseur (le directeur). NOUS ETIONS PASSES ! Ils ne savaient pas que c'était grâce à notre âge...

En passant dans les rangs, on nous tapait sur l'épaule, on nous faisait tourner les joints, les bières (beurk, pas si tôt !)... J'en avais des frissons. J'en ai encore, en y repensant... C'était un de ces moments qui donnent cet insatiable besoin d'être reconnu, cette sensation d'avoir un semblant de pouvoir, d'être capable de faire réagir des milliers de personnes par sa seule présence. Puis se fut la manif'... Ma première et dernière "semaine" en tant que manifestant. Déçu par les slogans simplistes et incultes, par les crachats sur la droite en général. La jeunesse est de gauche... Parce qu'elle ne sait pas encore que la gauche n'est qu'un rêve puéril... Mais passons.

Il y eu des bons moments : chanter du Rasta Bigoud en tête de "troupeau", éviter les oeufs lancé par des partisans du FN, bien planqués dans la masse... Parcourir des kilomètres à pied, en hurlant et en ralliant à notre cause des lycéens par centaines ! Mais dans le fond... Bah... J'ai perdu ma voix pendant quelques jours, pratique quand on anime une émission de radio ! J'ai raté quelques cours, aussi...

Mais qu'ai-je gagné ? L'expérience de la manifestation, peut-être. Le sens du combat ? Non, j'étais là pour que le monde comprenne que la jeunesse, ça n'était pas "ça". La bête immonde ne passerait pas, mais c'était un cri, pas un poing levé. N'était-ce pas un déni de démocratie ? Certainement. Salvateur ? Pas vraiment... Une expérience unique, grandiose et mitigée.

Par Axel - Publié dans : En passant...
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Vendredi 23 décembre 2005

Le ministre de l'intérieur et président de l'UMP, monsieur Nicolas Sarkozy, a été interviewvé par les journalistes du quotidien Libération. Face à ses interlocuteurs peu enclins à faire preuve de bonne foi, Mr Sarkozy a répondu calmement, et, comme d'habitude, avec une maitrise réthorique impressionante. Il réagit notamment sur la campagne d'Act Up, sur les émeutes de novembre et sur bon nombre de points chauds de sa politique. Extraits choisis :


Libération : Que pensez-vous de l'affiche d'Act Up sur les murs de Paris qui reproduit une photo de vous avec le slogan «Votez Le Pen» ?

Nicolas Sarkozy : Cette affiche est directement inspirée des méthodes du Front national. Cela porte un nom : l'amalgame. On ne dénonce pas l'extrémisme en étant soi-même extrémiste et en cédant à la pratique systématique de l'amalgame. Voilà ce que je dis aux dirigeants d'Act Up.

[...]

Est-ce que vous n'avez pas parfois honte de votre manière de réagir aux événements sans aucun recul, et parfois sans beaucoup de réflexion ?

Est-ce une question ou une déclaration militante ? Venant d'un journal dont le manque de recul est une caractéristique, je pourrais prendre votre question comme un hommage ! Pour le reste, je suis un républicain scrupuleux, sans doute moins sectaire que vous.

Vous êtes ministre, pas journaliste...

Le fait d'être ministre ne vous disqualifie pas en tant qu'être humain. Comment pouvez-vous dire une chose aussi outrancière ? Alors que j'ai été le ministre de l'Intérieur qui a connu vingt-cinq nuits d'émeutes et que, à la différence de tous les pays qui ont connu ça, il n'y a eu ni morts ni blessés graves. Et que tout le monde, y compris votre journal, a noté la maîtrise des forces de l'ordre. Je ne crois pas qu'on puisse croire que les forces de l'ordre aient pu être maîtrisées par un ministre qui ne serait pas maître de lui-même. Il y aurait contradiction. Depuis quatre ans, j'ai porté des débats qui, dans nombre de cas, étaient en opposition frontale avec les thèses du Front national. Le FN, par exemple, se bat sur le thème de l'immigration zéro. Je n'ai jamais défendu cette thèse. J'ai défendu les quotas d'immigrés, c'est-à-dire une immigration positive. Je suis l'homme politique en France qui s'est le plus battu pour la discrimination positive. C'est une idée nouvelle qui est exactement le contraire de l'idéologie véhiculée non seulement par l'extrême droite, mais aussi par une partie de la droite. Troisièmement, j'ai écrit dès 2001, dans mon livre Libre, que j'étais favorable au vote des étrangers aux municipales. Je ne crois pas que Jean-Marie Le Pen soit d'accord pour donner le droit de vote aux immigrés. Quatrième élément : j'ai été celui qui a porté la question de l'islam en France. J'ai dit que l'islam était une grande religion de France, qu'elle devait être représentée dans le cadre des institutions de la République, et que, si les musulmans pratiquants n'étaient pas au-dessus des lois, ils n'étaient pas non plus au-dessous. J'ai d'ailleurs été attaqué violemment sur ce sujet par Villiers et Le Pen. Cinquième élément: je suis le ministre de l'Intérieur qui a fait voter la suppression de la double peine à l'unanimité. Sixième élément : pour les lycéens dont les parents n'ont pas de papiers, j'ai pris la décision lourde d'arrêter les expulsions durant l'année scolaire ; sur toutes ces questions, j'ai exprimé un diagnostic et une vision de notre société. Et vous osez dire que je devrais avoir honte ? C'est vous qui devriez avoir honte de poser une question aussi contraire à l'objectivité la plus élémentaire.


[...]

Mais quand vous parlez de «racaille» en vous rendant à Argenteuil, n'est-ce pas une réaction qui manque de recul ?

L'émission Arrêt sur images de Daniel Schneidermann a démontré les choses. Quand j'arrive à Argenteuil, c'est une personne qui me dit depuis le premier étage, une personne maghrébine par ailleurs : «M. Sarkozy, débarrassez-nous de ces racailles, on n'en peut plus, on a peur.» Et je réponds : «Oui, madame, faites-moi confiance, on va vous débarrasser de ces racailles», visant les gens qui lançaient des tessons de bouteille et autres projectiles. Je ne vois rien qui soit si peu que ce soit antirépublicain dans ce que j'ai fait durant ces trois semaines de violences, ni durant mes trente ans de vie politique.

[...]

On ne vous interdit pas de parler, vous avez sans arrêt la parole...

Vous êtes sectaires ! C'est d'ailleurs une partie de vos problèmes que ce décalage total entre le côté systématique de votre pensée et l'aspiration du plus grand nombre. Si j'ai des bons sondages, si les gens se reconnaissent dans la façon dont j'ai géré les banlieues, ce serait donc parce que le peuple est stupide ? Vous, vous avez toujours raison et c'est le peuple qui se trompe ? C'est formidable : ou bien les Français ne me suivent pas, et dans ce cas-là j'ai tort, ou bien ils me suivent, et dans ce cas-là ce sont les Français qui ont tort. Mais vous, vous avez toujours raison. C'est exceptionnel ! Vous ne doutez donc jamais ?

[...]

Le Pen vous décerne des brevets de bonne pratique, et Lilian Thuram déclare : «Le discours de Sarkozy est dangereux, car il réveille le racisme latent qui sommeille chez les gens.» Cela ne vous trouble pas ?

Arrêtez de citer Le Pen comme référence unique. Et vous, vous n'êtes pas troublés d'avoir dénoncé pendant vingt-cinq ans une réalité que vous n'avez cessé d'exalter et d'exciter ?

Vous parlez de Lilian Thuram ?

Non, de vous, Libération ! Quant à Thuram, je le plains de pouvoir être si caricatural. C'est un grand footballeur, ce n'est pas encore un maître à penser... Est-ce que vous n'êtes pas troublés que ces véhémentes dénonciations du FN n'ont abouti qu'à une seule chose : à enfler le phénomène du FN ? Est-ce que vous n'êtes pas troublés que la pensée unique dont vous êtes vous, comme d'autres, les porteurs, n'a conduit qu'à pousser à la désespérance un certain nombre de gens qui n'ont rien à voir avec le FN ? Est-ce que vous expliquez comment l'extrême droite a pu passer de 3 % au début des années 80 à 25 % sous François Mitterrand ? Est-ce que vous ne pensez pas qu'il convient que, les uns et les autres, on se remette en question dans notre façon de parler, de faire de la politique et de répondre aux angoisses des gens ? Ces questions, est-ce que vous ne vous les posez pas ? Est-ce que vous ne pensez pas, vous, qui perdez des lecteurs, qu'il y a un décalage entre la réalité et ce que vous écrivez ? Car qui sont les électeurs du FN ? Il y a sans doute une petite partie d'authentiques fascistes ou racistes, mais l'immense majorité, ce sont des gens qui poussent un cri d'appel au secours. Ils ont peur, ils se sentent abandonnés. Parce que nous, journalistes et politiques, nous leur donnons le sentiment de ne pas parler pour eux. Le fait que je sois entendu de tous ces gens devrait plutôt vous réjouir. On n'a pas le droit de considérer que les 20 % de gens qui ont voté pour Le Pen sont à tout jamais perdus pour la République.

[...]

Vous ne craignez pas d'avoir les jeunes contre vous en 2007 ?

Les jeunes ont deux aspirations : trouver un travail et réussir leur vie. Ils veulent que la France change à l'unisson du monde qui bouge. Je veux porter une énergie nouvelle au service de ce changement. Nombreux sont les jeunes qui l'ont compris et nous rejoignent. Si j'en juge par l'accueil qu'ils ont réservé aux stars du show biz, ils ne sont pas décidés à être récupérés. Ils veulent qu'on les respecte. C'est très exactement ce que je veux faire.

[...]

Votre image s'est droitisée alors qu'un candidat à la présidentielle doit rassembler. Cela vous rend pessimiste pour la suite ?

Je ne vois ni dérive, ni droitisation, mais des Français de droite comme de gauche qui veulent que les valeurs du travail, du respect, de l'autorité, de la justice et de l'humanité soient davantage mises en avant. Ce sont les valeurs que je défends. Elles sont celles de tous les Français.


Source :



L'interview dans son intégralité

Par Axel - Publié dans : Actualité
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Mardi 20 décembre 2005

Act Up est une association créée à l'origine pour lutter contre le SIDA. C'est tout à fait légitime, et il faut reconnaître que leur activisme a, dans les années 90 notamment, joué un rôle dans ce combat de tous les jours pour la vie. On se souvient particulièrement de ce préservatif géant recouvrant l'obélisque de la place de la concorde, geste à portée hautement symbolique : sortez couverts !

Malheureusement, ce militantisme se détourne progressivement de son postulat de base, et, surfant sur une vague tristement marketing, ils ont décidé de s'en prendre au ministre de l'intérieur, président de l'UMP, Nicolas Sarkozy. C'est bien connu, les gens qui ont du succès gènent, en France. Surtout s'ils osent dire les choses telles qu'elles sont, et telles qu'ils voudraient qu'elles soient : quelle honte, d'avoir des idées !

Belle méthode de revendication !


Ainsi, la dernière campagne d'Act Up cible ouvertement monsieur Sarkozy, avec l'affichage dans les rues de Paris de posters représentant ce dernier, et portant la mention "VOTEZ LE PEN". Quelle finesse, quel talent ! Quel amalgame... L'homme politique du moment serait ainsi anti-étrangers, anti-immigration, raciste, et, pourquoi pas!, pro-SIDA ! C'est indécent de relever autant de contre-vérités dans un discours.

Quel mal y a t'il à dire que l'immigration "choisie" serait plus appropriée ? Est-ce être xénophobe que de souhaiter le vote des immigrés non-naturalisés aux élections locales ? Est-ce être raciste que de préferer des immigrer mieux intégrés ? Des banlieues non-communautaires ? J'arrête là cette énumération, loin d'être exhaustive, mais plutôt édifiante. Ainsi, cette campagne d'affichage relève plus de diffamation partisane de bas-étage, celle-là même que pratique monsieur Le Pen, justement... C'est bien le comble !

Seconde affiche, même niveau...


Nicolas Sarkozy et ses partisans ont préféré ne rien faire. Certes, il y a eu quelques commentaires, pour la forme. Mais une fois encore, le mot d'ordre reste d'ignorer ce genre de provocations. Elles sont non seulement peu constructives, mais en plus d'un genre à rabaisser ces opposants, ou devrais-je dire ces détracteurs, tout sauf sérieux.

Messieurs, mesdames membres d'Act Up : pourquoi ne pas revenir à vos "premiers amours", au lieu de prendre parti politiquement, sous couvert de justifications douteuses ? Vous étiez bien plus drôles et plus efficaces quand vous vous limitiez à ce qui s'avère être votre but premier : la lutte contre le SIDA. Alors s'il vous plait, ne devenez pas le virus de notre vie politique. A bon entendeur...

Images : Act Up-Paris

Par Axel - Publié dans : Actualité
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Lundi 19 décembre 2005

Affiche du film

 

Avant hier, deux films m’avaient donné ce sentiment étrange d’avoir regardé une oeuvre bouleversante et fondamentalement différente : Irréversible, de Gaspard Noé, et Mulholland Drive, de David Lynch. Et puis, en ce dimanche 18 décembre 2005, j’ai vu Revolver. J’avais bien apprécié Snatch, du même réalisateur, je veux dire Guy Ritchie. Un film simple mais plutôt bien fait, avec un Brad Pitt excellent, comme souvent. Alors autant dire que je m’attendais à quelque chose d’à peu près équivalent avec Revolver : un petit film d’arnaques, du genre qui passe le temps. Certes, j’avais lu les critiques, tout sauf dithyrambiques. Certes, la note sur imdb.com, moins de cinq sur dix, annonçait tout sauf un bon film. Et pourtant, j’avais ce doux pressentiment que quelque chose allait se passer, qu’il fallait que je le regarde malgré tout, contre tous… Décision judicieuse, au final.

 

Revolver est un film fabuleux. Une des plus grandes supercheries cinématographiques de notre temps, mais aussi l’une des réalisations majeures du grand écran. Délicieusement absurde, honteusement maîtrisé sous couvert d’un jeunisme trompeur. Un film qui renvoie Fight Club ou Usual Suspect, pour ne citer qu’eux, au rang de petits téléfilms sans envergure, c’est rare. Et c’est bon. Je ne ferai pas l’insulte à mes lecteurs de faire une analyse bâclée de ce film. Si j’en fais une, ça sera lorsque j’aurai plus de temps, de recul, et le DVD, aussi… D’ailleurs, je me demande même si une critique est faisable sur ce film. Là, j’ai encore ce nœud au ventre, ces picotements dans le corps, cette sensation incroyable d’avoir vu quelque chose d’unique et d’inexplicable. Comme lorsqu’on tombe amoureux pour la première fois, comme lorsqu’on dévoile quelque chose caché au plus profond de son âme. Revolver m’a tiré une balle en plein cœur. Merci Guy Ritchie.

Par Axel - Publié dans : Cinéma-Télévision
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