La gauche française est-elle la plus archaïque du monde ? C'est la question posée par un consultant financier, Alexis Karklins-Marchay, dans une opinion parue dans Le Monde daté du 21 janvier 2006. Et finalement, plus qu'une question, ce serait même un constat. L'auteur prend ainsi l'exemple de la gauche chilienne, récemment arrivée au pouvoir par l'entremise de Michelle Bachelet.
Qu'apprend-t-on ? Que le programme de la Présidente Bachelet est rationnel quant à l'économie mondialisée, et qu'il propose des réformes libérales, indispensables aujourd'hui dans ce pays. Alors imaginez en France... Pendant ce temps là, Ségolène Royale parade, et dans l'hexagone, on refuse encore et toujours de comprendre que "réussite économique et progrès social ne sont pas des objectifs séparés" (Gérard Mermet, Révolution! ). Non non, nous en France, on veut juste du social : du pain, des jeux, et le moins de temps de travail possible.
Depuis mai 2005 notamment, le discours de la gauche est devenu de plus en plus anti-libéral, et disons le tout de go, de plus en plus démagogique. Car qui sont les populistes, sinon ceux qui prônent toujours plus d'immobilisme, sans tenir compte des réalités qui nous entourent ? Ceux qui utilisent les peurs des français pour s'assurer une triste légitimité politique ? Un rapide coup d'oeil sur les socialistes du monde entier, et la conclusion est frappante : les idées de la gauche française sont rétrogrades.
Un exemple ? Les critiques multiples contre les contrats nouvelles et premières embauches (CNE/CPE), et l'appel à la manifestation par tous les syndicats et partis de gauche, UDF compris... Alors que par ces mesures, le gouvernement veut résorber le taux de chômage, et faire respirer les entreprises (c'est lié, bien entendu !), d'autres ne trouvent rien de mieux à faire que de crier à l'ultralibéralisme ! Invective suprême, s'il en est... Pourtant, quelle est la finalité de ces nouveaux contrats ? Tout simplement faire sortir la France de son sentiment d'autosatisfaction qui voudrait nous faire croire que nous sommes les meilleurs, partout.
Modèle social, éducatif, sanitaire,... On croit vraiment avoir tous les atouts du monde. Mais c'est tout simplement une monumentale méprise ! Non, les français n'ont pas toujours raison. Non, notre modèle n'en est plus un, en a t-il déja été un, d'ailleurs ? Oui, les réformes enclenchées par le gouvernement vont dans le bon sens, car elles considèrent le monde tel qu'il est. Alors, bien sûr, on risque de travailler plus. C'est fatiguant. Plus que de manifester. Oui, aussi, on nous demande de faire des efforts, car chacun doit participer pour parvenir à sortir la France de sa léthargie. C'est embêtant. Plus que de manifester. D'ailleurs, quelles sont les propositions de la gauche et des manifestants ? Protectionnisme économique, nationalisations, hausse des salaires, hausse des taxes sur les entreprises, maintien des aberrantes 35 heures,...
Bref, alors que des pays communistes ou socialistes n'hésitent plus à se lancer dans la mondialisation, en France, c'est unique, on vit encore sous la guerre froide. Et du mauvais côté, c'est le comble ! La faute à qui ? Les responsabilités sont multiples, mais la balance est bien plus lourde à gauche qu'à droite. Gageons que 2007 saura apporter de la fraîcheur dans notre paysage politique. Personnellement, je préfère un emploi "précaire" pendant deux ans, avec un poste à la clef, plutôt que cinq ans de précarité présidentielle (socialiste s'entend), dont l'issue serait catastrophique. En attendant, le chien aboie, la manifestation passe.
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